SOMMAIRE

 

  • 1- Cours de licence 3: « Ethique et esthétique de l’expérience: les écoles de l’exist[a]nce ». (L6LM36FR)
  • 2 – Cours de master 1: « Une archéologie de la souffrance : humeur noire et idées noires » (M2FR03CG)
  • 3 -Cours de master MEEF: « Histoire et théorie littéraires »
  • 4 – Cours d’agrégation ENS Ulm 2016-2017 : Racine, Esther, AthalieBibliographie en ligne et programme du cours en préparation (pour y accéder, dérouler la page)

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Cours magistral de licence 3 (second semestre 2016/2017)

L6LM36FR : LITTÉRATURE FRANÇAISE CLASSIQUE ET MODERNE

Les mardis de 14 à 16h amphithéâtre Cauchy en Sorbonne

 

Cet enseignement propose l’étude d’ouvrages littéraires français publiés durant les quatre derniers siècles let regroupés autour d’un thème commun à travers la diversité des formes et des époques.

 

Thème : « Ethique et esthétique de l’expérience: les écoles de l’exist[a]nce ».

Œuvres étudiées :

  • Molière, Les Misanthrope  
  • Stendhal, Le Rouge et le Noir
  • Francis Ponge, Le parti pris des choses

 

On trouvera ci-dessous

  • Une sélection bibliographique sur chaque ouvrage
  • Un projet de plan du cours semaine par semaine

 

 

 

 

 

SÉLECTION BIBLIOGRAPHIQUE

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  • Sur Le Misanthrope

Pour lire et travailler l’œuvre, on préférera une édition annotée de niveau universitaire aux éditions des « Petits classiques » d’optique scolaire. Il existe de bonnes éditions chez les éditeurs de poche (Folio Gallimard offre la trilogie Tartuffe, Dom Juan, Le Misantrope dans la version de ces trois pièces reproduite de la « Bibliothèque de la Péliade » procurée par G. Couton (1971). D’autres éditions de qualité en GF (Flammarion), au  Livre de Poche (LGF), en Folio-Théâtre.(Gallimard) .  On veillera à lire aussi Tartuffe et Dom Juan. Ainsi que Dom Garcie de Navarre,  chantier de matériaux pour une partie du Misanthrope. On accordera une attention particulière à la Lettre écrite sur la comédie du « Misanthrope » (1666), qui figure dans les  bonnes éditions de la pièce. ll n’existe pas d’édition moderne de Molière complet en format et prix de poche. Reste la collection procurée par Georges Mongrédien au milieu du XXe siècle chez GF. Et l’édition de la «Bibliothèque de la Pléiade» (Gallimard), assez onéreuse.

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Dans une bibliographie pléthorique, voici un choix restreint de quelques ouvrages essentiels:

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— Sur Molière

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On ne trouve plus qu’en bibliothèque les petits ouvrages généraux qui présentaient de manière cursive l’œuvre de Molière : R. Jasinsky (Hatier), G. Forestier (Bordas), A. Simon (Seghers). Les parcourir peut être éclairant.

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Pour une conception globale de la poétique, l’esthétique, l’éthique et la philosophie du théâtre de Molière, on nous excusera de nous citer, faute de synthèse nouvelle et plus récente :

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P. Dandrey, Molière ou l’esthétique du ridicule, Klincksieck, (1992) 2002.

 

 

  • pour une approche stylistique :

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G. Conesa, Le dialogue moliéresque : étude stylistique et dramaturgiquePresses universitaires de France, 1983.

Une approche stylistique de l’écriture dramatique de Molière à partir des modules procédant de la découpe rythmique du dialogue (répliques longues et courtes, scènes et séquences de scènes) et s’élevant, depuis l’analyse des principes d’enchaînement entre ces divers modules, jusqu’à la recherche des principes spécifiques et des effets esthétiques du dialogue de théâtre.

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J. de Guardia, Poétique de Molière. Comédie et répétition, Droz, 2007. A la recherche de la régulation fondamentale de l’écriture dramatique de Molière, l’ouvrage y décèle pour principe le phénomène de répétition qui, de procédé stylistique localisé, est promu en clef de toute la dramaturgie de Molière, substituant à l’effet de surprise et de différence celui de reconnaissance attendue, source majeure du rire.

 

  • pour une approches dramaturgique :

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R. Bray, Molière homme de théâtre, Mercure de France, 1954. L’œuvre entier de Molière envisagé sous l’aspect matériel et concret des impératifs de la vie théâtrale, répercutant cette étude de pratique « professionnelle » sur l’écriture et le conception de ses comédies par Molière. Un classique.

M. Descotes, Les grands rôles du théâtre de Molière, PUF, 1960. A travers un historique des témoignages sur la manière dont on a  interpété Alceste (p. 91-113) et Célimène (p. 113-130), une occasion de comparer les diverses interprétations des personnages.

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  •  création littéraire :

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M. Gutwirth, Molière ou l’invention comique. La métamorphose des thèmes, la création des types, Minard, 1966. A partir d’un registre des thèmes ou de types matriciels (Mascarille, Sganarelle, Toinette), une étude du théâtre de Molière comme un tout organique variant ses structures archétypiques en personnages et situations divers. A voir notamment pour le traitement de l’amour dans  Le Misanthrope (p. 61-98).

B. Parent, Variations comiques. Les réécritures de Molière par lui-même, Klincksieck, 2000. La réécriture de soi considérée comme un pratique de création assumée par Molière et analysée en termes esthétiques de variation. Sur les rapports notamment entre Dom Garcie de Navarre et Le Misanthrope, p. 34-37 et 89-94.

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  •  histoire des idées et philosophie :

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O. Bloch, Molière/PhilosophieA. Michel, 2000. Tâche de traquer les traces des débats philosophiques de son temps dans les textes de Molière (de Descartes jusqu’à Gassendi), vulgarisés et mis à distance d’humour.

A. Mc Kenna, Molière dramaturge libertin, Champion, 2005. Une lecture très personnelle de l’œuvre de Molière comme machine de guerre contre la foi et de la religion, d’inspiration épicurienne : avec notamment un portrait d’Alceste comme un « faux Solitaire » parodiant les Jansénistes.

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— Sur Le Misanthrope  

 

  •  Sur la trilogie de l’imposture :

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Jacques Guicharnaud, Molière, une aventure théâtrale. Paris, Gallimard, « Bibliothèque des idées », 1963 : une étude globale, un pue ancienne mais encore très suggestive, suivant scène à scène le fil des deux pièces (avec Dom Juan en sus) et enveloppant cette approche pragmatique dans une optique plus systématique, celle d’une mise en question du théâtre par lui-même.

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J. Cairncross, Molière bourgeois et libertin, Nizet, 1963.  Sur Le Misanthrope, une curieuse et hardie reconstitution génétique qui divise en deux temps l’invention de la pièce : celui de « l’Atrabilaire amoureux » (actes I à III), celui du « Misanthrope » (actes IV et V), opposant leurs visées et leurs effets (p. 65-100).

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  • Sur la pièce elle-même

Une parution récente (automne 2016) : Jean Rohou et Brigitte Prost, Lectures du Misanthrope, Presses universitaires de Rennes, octobre 2016, 164 pages, 18 €. La première partie replace la pièce dans son contexte socioculturel, et en propose une explication théâtrale. La seconde présente les mises en scène de cette pièce au long du XXe siècle.

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Une approche médico-anthropologique (Alceste atrabilaire) : R. Jasinski, Molière et « Le Misanthrope », A. Colin, 1951. Étude d’ensemble, tripartite (genèse, revue des personnages, signification esthétique), qui esquissa la première une approche d’Alceste en termes de caractérologie atrabilaire.

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Un très grand nombre d’articles sont consacrés à l‘une ou l’autre comédie. Ils en analysent des aspects particuliers, présentent plus rarement une lecture générale. On en retiendra quelques-uns de manière très sélective et arbitraire, dans de collectifs qui les regroupent :

 

— « Molière ». Revue d’Histoire Littéraire de la France, sept.-déc. 1972. Articles de J. Mesnard, « Le Misanthrope, mise en question de l’art de plaire », J. Cairncross, « Tartuffe  ou Molière hypocrite »)

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— « Molière ». Revue d’Histoire du Théâtre1974. P. Clarac, « La morale de Molière d’après Tartuffe », R. Horville, « La cohérence des dénouements de Tartuffe, Dom Juan et Le Misanthrope », W. Howarth, « Alceste ou l’honnête homme imaginaire ».

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— [J. Cairncross dir.], L’Humanité de MolièreNizet, 1988. J. Brody « Dom Juan et Le Misanthrope ou l’esthétique de l’individualisme »M. Bonfantini, « Le comique du Misanthrope ».  

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— [P. Dandrey dir.], Molière. Trois comédies morales, Klincksieck, 1999. Articles de Marc Fumaroli « Au miroir du Misanthrope : le commerce des honnêtes gens », 1984, Jules Brody « Dom Juan et Le Misanthrope ou l’esthétique de l’individualisme chez Molière », extrait de la partie consacrée au Misanthrope, 1969, et Jean Mesnard « Le Misanthrope, mise en question de l’art de plaire », 1972. Trois études fondamentales de la pièce, orientées autour du conflit entre solitude misanthropique et lien social.

 

— [P. Thouvenin dir.] « Le Misanthrope », n° VIII du Nouveau moliériste, Univ. of Glasgow, 2007. P. Dandrey, « La leçon du Misanthrope », P. Thouvenin, « Sincérité et honnêteté : Mlle de Scudéry et Le Misanthrope », R Mc Bride, « Le Misanthrope ou la nécessité d’être comédien »J. Emelina, « Étrange Misanthrope », S. Beauregard, « Alceste et Timon : la misanthropie, de la réalité au mythe », JP Collinet, « Les personnages invisibles dans Le Misanthrope »,   le Ch. Mazouer, « Figures de l’espace dans Le Misanthrope », J. Gros de Gasquet, « Autour du Misanthrope : dire l’alexandrin de Molière dans Le Misanthrope, les enjeux d’une technique »,  S. Chaouche, « Le Misanthrope  de Molière : une mise en scène d’un double jeu », Ch. Mazouer, « Figures de l’espace dans Le Misanthrope », G. Jolly, « Voir-entendre Le Misanthrope ». 

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  • Sur Le Rouge et le Noir

Les éditions du roman sont nombreuses. On signalera celle de Michel Crouzet, devenue « classique », au Livre de Poche, en 1997. Et non moins solide, celle de Pierre Georges Castex, aux Classiques Garnier, 1973 (rééd. 2012)

La critique consacrée à l’ouvrage est vaste. Voici un choix tout à fait partiel, subjectif et indicatif, pour une approche « économique ». A signaler une bibliographie récente (et nombreuse) en ligne: http://etudes-romantiques.ish-lyon.cnrs.fr/wa_files/Bibliorouge.pdf

 

— sur l’ensemble de l’œuvre de Stendhal:

  • Ph. Berthier, Stendhal. Littérature, politique et religion mêlées,  Garnier, 2011
  • M. Crouzet, Stendhal: la politique, l’éros, l’esthétique, Eurédit, 2003.
  • G. Genette,  «Stendhal», dans Figures II, Seuil, (1969), «Points» 1979, p. 155-193.
  • P. L. Rey,  Analyse de l’œuvre de Stendhal, Paris, Pocket, 2005.
  • J. Starobinski,  «Stendhal pseudonyme», dans L’Œil vivant, Gallimard, «Le Chemin», 1961, rééd. «TEL», 1999.

Et aussi, ancien (à voir en bibliothèques) mais toujours très vivant : C. Roy, Stendhal par lui-même, Paris, Seuil, «Ecrivains de toujours», 1951

 

— sur le roman:

  • Eric Auerbach, «À l’hôtel de La Mole», dans Mimèsis, 1946, trad. fr. Gallimard, 1968.
  • P. G. Castex, « Le Rouge et le Noir » de Stendhal, SEDES/CDU, (1967),1970.
  • J. J. Hamm, « Le Rouge et le Noir» de Stendhal,  Gallimard, «Foliothèque», 1992.
  • P. L. Rey, « Le Rouge et le Noir ». Stendhal, Ellipses, «Les Textes fondateurs», 2002.

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  • Sur Le Parti pris des choses

 

On trouvera le texte soit dans l’édition collective de la collection «Poésie/Gallimard» publiée sous le titre Le Parti pris des choses, précédé de Douze petits écrits et suivi de Porêmes, 1967, où il occupe les pages 30 à 101, soit dans les Œuvres complètes, éd. crit. de Bernard Beugnot, Gallimard, «Bibliothèque de La Pléiade», 1999, p. 13-56.

On tâchera de lire d’autres textes de Ponge, comme les Proêmes et les «Pièces» du Grand Recueil et dans ce même volume, regroupés sous le titre «Méthodes», divers écrits théoriques .

 

Dans une bibliographie nombreuse, on pourra choisir (un peu arbitrairement):

 

Ponge inventeur et classique, Actes du Colloque de Cerizy, 1975 [en présence du poète], UGE, « 10/18″, 1977.

Ponge, résolument, publié ss la dir. Jean-Marie Gleize, ENS éd., 2004 (collectif)

Jean-Paul Sartre, L’homme et les choses (19441),  Paris, Seghers, 1947.

Beranrd Beugnot, Poétique de Francis Ponge. Le palais diaphane, Paris, PUF, 1990.

Michel Collot, Francis Ponge entre mots et choses,  Seyssel, Champ Vallon, 1991.

 

 

 

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COURS  SUR  LE MISANTHROPE (en préparation)

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COURS SUR LE ROUGE ET LE NOIR

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Introduction

1. Un auteur pseudonyme

2. Un titre par énigme

3. Un sous-titre en porte-à-faux

Stendahl R et N (Pwp des cours 1/2)

 

A. Invention et création : genèse du roman

1. Le processus de fabrique

a) Un fonds d’expérience(s) personnelles recomposées

b) La « Fable » des temps modernes : le fait divers

c) Glose, pilotis et jet continu :  les modalités de la création

 2. La mosaïque de l’invention : l’exemple de Mme de Fervaques

a) Usage narratif : une création romanesque

b) Identité du personnage : un support historique

c) Incidence dans l’action romanesque : des sources littéraires

 

B. Une singularité représentative

Introduction: l’incipit romanesque

1. Un roman d’amour et d’éducation.

a) Le personnage de Julien

b) Amour de cœur, amour de tête, amour d’ambition

2. Une « chronique de 1830 » : histoire, politique et société

3. Le romantique vu par le romanesque: le réalisme subjectif

a) L’ostentation et les variations du style

b) Les effets d’intrusion et de distanciation

Stendhal R et N 2 (Pwp du cours 3)

 

 

 

 

 

 

COURS SUR LE PARTI PRIS DES CHOSES


 

A. — Le parti pris des choses. Introduction à l’exercice poétique pongien

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1. Une vie de poète

2. L’artisanat poétique: objet, objeu, objoie

3. Formes du poétique : eugénie, sapate et momon

4. Travaux pratiques: L’huître.

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B. — L’ordre du texte: composition du recueil

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1.  Une somme de diptyques : de Pluie au Cycle des saisons

2.  Un binôme de faîte : Le mollusque et Escargots

3.  L’élémentaire et la frontière

4.  Un galet cosmogonique et microcosmique

 

 

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Cours magistral de master 1

Samedis 3, 10 et 17 février, 9h-13h, amphi Guizot

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M2FR03CG : Littérature et anthropologie (de l’Antiquité à l’âge classique)

 

Sujet:  « Une archéologie de la souffrance : humeur noire et idées noires »

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Cours 1  — La nostalgie de l’exilé : dérive mélancolique ou maladie nationale ?

Esquisse bibliographiqueJean Starobinski, «La leçon de la nostalgie», [in] L’Encre de la mélancolie, Seuil, 2012, p. 257-340. — Patrick Dandrey, « Nostalgie et mélancolie : de l’affection morbide à l’affliction morale », [in] De la mélancolie, Cahiers de la NRF , 2007, p. 95-129.

 

Cours 2 — Le deuil d’aimer : regard amoureux et mélancolie érotique

Esquisse bibliographique —  Massimo Ciavolella, La Malattia d’amore dall’antichità al Medioevo, Rome, Bulzoni, 1976. — Patrick Dandrey, Les Tréteaux de Saturne. Scènes de la mélancolie à l’époque baroque,  Klincksieck, 2003.

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Cours 3 — Le corps créateur et le corps spectacle: fureur d’inspiration et catharsis créatrice

Esquisse bibliographique —  Jean-Charles Darmon, Littérature et thérapeutique des passions, Hermann, 2011. Patrick Dandrey, Le cas Argan, Klincksieck, 2006.


 

 


 

ARGUMENT: ce cours envisage les aspects divers, tant « scientifiques » (au sens de l’ancienne médecine) qu’esthétiques, éthiques et bien sûr littéraires, de la célèbre et fabuleuse humeur noire, cette sécrétion imaginaire sur laquelle vingt siècles d’imagination, de fiction et de théorisation savantes et poétiques ont bâti un édifice anthropologique complexe, centré sur la dépression, la folie, l’extravagance, mais connecté aussi sur ses marges aux immenses domaines de l’érotique (passion et maladie amoureuses), de la création et de la représentation (catharsis tragique, corps créateur, écriture de l’abjection) ou de la psychopathologie naissante (possession, acédie, lycanthropie, nostalgie). Cette année, on s’intéressera plus particulièrement au modèle que propose l’imaginaire mélancolique (humeur noire et idées noires) pour figurer et exprimer la souffrance dans l’écriture, la littérature et le théâtre entre les 16e et 19e siècles.

Note importante: ce cours est validé par le pointage des étudiants présents. Il se déroule en trois séances les samedis matin du second semestre. Sans certitude de pouvoir y assister, il est préférable de ne pas le choisir.

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— Master MEEF 2017-2018 —

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 « PREPARATION AUX EPREUVES DU CAPES / HISTOIRE ET THEORIE LITTERAIRES  »

Les samedis 23,  30 septembre et 7 octobre (amphi Guizot)

de 9h à 13h

 

Le cours proposera sur les trois genres majeurs (théâtre, poésie, roman) une mise en situation des questions d’histoire littéraire et une exploitation de leurs données orientée par le traitement d’un sujet pris pour exemple et pour fil directeur des exposés historiques et théoriques.

 

 

23 septembre. Poésie

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Sujet traité : Saint-John Perse dit à propos de la poésie : « L’obscurité qu’on lui reproche ne tient pas à sa nature propre, qui est d’éclairer, mais à la nuit même qu’elle explore, et qu’elle se doit d’explorer : celle de l’âme elle-même et du mystère où baigne l’être humain. Son expression toujours s’est interdit l’obscur, et cette expression n’est pas moins exigeante que celle de la science. » Allocution au banquet Nobel du 10 décembre 1960. Gallimard/Pléiade, 1972, 445-6. En vous appuyant sur l’analyse d’exemples précis, vous direz dans quelle mesure vous partagez cette conception de la poésie.

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30 septembre. Roman.

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Sujet traité : « Je voulais que mon lecteur se divertît. Au moins autant que je me divertissais moi-même. Ce point est capital, et me paraît s’opposer aux conceptions les plus élaborées que nous croyons bâtir sur le roman.

Divertir ne signifie pas di-vertere, détourner des problèmes. Robinson Crusoë entend divertir son lecteur modèle, en l’entretenant des calculs et des opérations quotidiennes d’un brave homo œconomicus qui lui ressemble fort. Mais le semblable de Robinson, après s’être diverti en se lisant dans Robinson, devrait avoir compris quelque chose  de plus, être devenu en fin de compte un autre. En se divertissant, il a en quelque manière appris […].

Or le concept de “divertissement” n’est pas universel, mais historique. Il y a, pour chaque saison du roman, des modes de divertissement différents. Nul doute que le roman moderne n’ait cherché à dévaloriser le divertissement dû à l ‘intrigue, pour privilégier d’autres types de divertissement. Grand admirateur de la poétique aristotélicienne, j’ai pour ma part toujours pensé que le roman doit divertir malgré tout, même et surtout par son intrigue. » (Umberto Eco, Alfabeta, juin 1983, trad. Yves Hersant dans Critique, août-sept. 1984, 594-5)

En vous appuyant sur des exemples précis, vous vous interrogerez sur le bien-fondé et la portée de ces propos du romancier et critique italien Umberto Eco.

 

 

 

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7 octobre. Théâtre.

 

Sujet traité : P. Larthomas écrit dans Le Langage dramatique (Paris, PUF, 1972, 433-434) :

« L’erreur fondamentale à nos yeux a consisté surtout à distinguer au cours des siècles, tout au moins en France, la comédie et la tragédie, ou, de façon plus large, les pièces qui font rire et celles qui font pleurer. Non que cette distinction ne soit pas, dans une certaine mesure, naturelle, puisqu’elle tient compte avant tout des réactions du public et différencie, à partir d’elles, les procédés qui les provoquent ; non qu’elle ne soit pas pardonnable, puisque vénérable et appuyée par une tradition mythologique (Thalie et Melpomène), l’autorité d’Aristote et de combien d’autres. Mais enfin elle n’est pas essentielle. Et n’étant pas essentielle, elle s’est révélée dangereuse : on a plus été préoccupé de marquer entre la tragédie et la comédie des oppositions qui allaient de soi, que de souligner les points communs qui font que toutes les ouvres dramatiques, qu’il s’agisse d’Athalie ou des Fourberies de Scapin, ont les mêmes caractères fondamentaux.  » En vous référant à des exemples précis, vous commenterez et discuterez ces réflexions.

 

 

 

 

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— Agrégation ENS Ulm, programme 2017-2018—

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 « Jean Racine, Esther, Athalie »

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PROGRAMME DU COURS (en cours d’élaboration)

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Les mercredis de 14 à 16h. Ecole normale supérieure,  45 rue d’Ulm, 75005 Paris.

Les 18 et 25 octobre, 8, 15, 22 et 29 novembre, 6, 13 et 20 décembre, 10, 17 et 24 janvier.

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BIBLIOGRAPHIE

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Une bonne préparation de l’agrégation suppose d’abord une excellente connaissance des textes au programme, plus qu’une connaissance poussée des études critiques qui leur ont été consacrées. Le choix ci-dessous est volontairement succinct : il voudrait simplement permettre aux candidats d’identifier et de documenter l’approche de ces deux pièces dans l’esprit du concours, lequel n’est pas celui de la recherche érudite, archivistique ou génétique. Le but de la préparation, c’est que chaque candidat se forge une conception à la fois personnelle, cohérente, concentrée et ouverte des ouvrages au programme, susceptible de lui fournir la matière pour une réflexion informée et dominée sur toute question qui pourra lui être posée, en s’appuyant sur une connaissance solide du contenu de ces œuvres et sur une approche motivée, ni trop spécialisée ni trop généraliste, de leur propos.

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— Editions des deux pièces

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Choix du programme officiel:

Athalie, éd. G. Forestier, Gallimard, « Folio-Théâtre », 2001.

Esther, éd. G. Forestier, Gallimard, « Folio-Théâtre », 2007.

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Ces éditions dans la collection Folio-Théâtre (Gallimard)  offrent l’essentiel de l’annotation des Œuvres complètes de Racine par G. Forestier dans la « Bibliothèque de la Pléiade ». Inutile donc de se reporter à celles-ci, sauf pour des informations particulières et précises sur tel ou tel passage des deux pièces.

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On pourra compléter par les appareils critiques des éd. J. Morel, A. Viala et S. Guyot («Classiques Garnier», 1980-2013) et J. Rohou («Pochothèque», 1998). A noter que l’éd. d’Athalie par G. Ernst (Livre de Poche, 1993) offre une précieuse chronologie des royaumes de Juda et Israel au moment où se situe la tragédie et un index précis des vers bibliques (p. 155-167.

A comparer avec le relevé établi par Ph. Sellier dans Port-Royal et la littérature, t. II, Champion, 2000, p. 281-288.

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Etudes et analyses—.

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Le caractère particulier des deux pièces choisies, très extérieures au reste de l’œuvre de Racine, les situe en marge sinon en porte-à-faux par rapport à beaucoup des études globales consacrées aux tragédies de Racine.

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Chacun ciblera donc dans la liste qui suit quelques ouvrages ou articles, un ou quelques-uns pour chacun des aspects essentiels des deux œuvres au programme, et quelques synthèses qui auront opéré par avance le travail de lecture et de résumé des éléments essentiels pour traiter les deux pièces.

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On pourra commencer par se reporter à la synthèse commode procurée lors d’une inscription du même programme au concours, voici une quinzaine d’années :

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J. Gros de Gasquet [et alii], «Esther» et «Athalie» de Racine, Atlande, «Clefs Concours», 2004.

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Il s’agit d’une sorte de cours d’agrégation en miniature, qui peut suffire à inventorier les questions (littéraires et grammaticales) posées par le programme et à y trouver des réponses condensées.

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On pourra voir aussi :

M. Bochet, Esther ou la tentation de la vengeance génocidaire, Champion, 2012.

M. Couvreur (éd.), Athalie. Etudes réunies par —, Bruxelles, Le Cri, 1992.

J. Rohou, Jean Racine, « Athalie », P.U.F., 2003.

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Pour introduction à l’œuvre de Racine, on pourra choisir, en bibliothèque, une synthèse commode et sûre parmi celles, par exemple, de :

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P. Moreau, Racine, Hatier, « Connaissance des Lettres », 1944.

J. Morel, Racine en toutes lettres,  Bordas, 1992.

J.L. Backès, Racine, Seuil, 1981.

J. Scherer, Racine et/ou la cérémonie, PUF, 1982.

J. Rohou, L’évolution du tragique racinien, SEDES, 1991, etc.

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Pour aller éventuellement plus profond, on verra les chapitres spécifiquement consacrés aux deux tragédies dans :

R. Picard, La Carrière de Jean Racine, Gallimard, (1956) 1961, devenu un classique,

ou dans une biographie plus récente, par exemple :

J. Rohou, Jean Racine entre sa carrière, son œuvre et son Dieu, Fayard, 1992.

A. Blanc, Racine, Fayard, 2003.

G. Forestier, Jean Racine, Gallimard, 2006.

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Pour situer l’invention et l’écriture des deux tragédies, outre les études globales comme celle d’A. Niderst, Le travail de Racine. Essai sur la composition des tragédies de R. (Euredit, 2001) et La Carrière de Jean Racine de R. Picard ci-dessus (3e section : « Racine et Saint-Cyr »), on verra, si l’on veut aller plus loin que les études générales condensées dans les préfaces et appareils critiques des deux pièces :

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— sur les sources bibliques et leur exploitation :

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on consultera le Livre d’Esther et, pour Athalie, les Deux derniers livres des Rois dans la traduction de la Bible par Lemaître de Sacy qu’a dû utiliser Racine :

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Tobie.Judith.Esther traduits en français avec une explication tirée des Saints Pères et des auteurs ecclésiastiques, Paris, G. Desprez, 1688.

(pour importer le texte, cliquer sur le lien:   Tobie Judith Esther trad Sacy 1688. Esther, p. 379 sq.).

Les Deux derniers livres des Rois traduits en françois. Avec une explication tirée des Saints Peres, & des auteurs ecclesiastiques. Par le Sr. Le Maistre de Sacy (1686), éd. de Bruxelles, E.H. Fricx. 1700

(pour importer le texte, cliquer sur le lien: Deux derniers livres des rois Sacy 1700 . Athalie, p. 591 sq.).

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On lira pour comparaison l’Esther de Du Ryer, 1644

(pour importer le texte, cliquer sur le lien: DU RYER, ESTHER) ;

et pour Athalie, l’extrait du Discours sur l’histoire universelle de Bossuet qui en traite et que Racine évoque dans sa préface

(pour importer le texte, cliquer sur le Bossuet.Hist.univ. Athalie)

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— sur la question religieuse :

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J. Orcibal, La Genèse d’Esther et d’Athalie, Vrin, 1950, à compléter par

J. Dubu, Racine aux miroirs, SEDES, 1992 (p. 311-425), qui éclairent les relations du poète avec ses sources bibliques.

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B. Chédozeau, Bernard, « La dimension religieuse dans quelques tragédies de Racine: ‘Où fuir ?’ », Œuvres et critiques, XXIV, 1, 1999 (« Présences de Racine »), p. 159-180.

Ph. Sellier, « Le jansénisme des tragédies de Racine. Réalité ou illusion ? », Cahiers de l’Association Internationale des Études Françaises, XXXI, mai 1979, p. 135-148

Id., « Les Tragédies de Racine et Port-Royal », Port-Royal et la littérature, t. II, Champion, 2000, p. 217-231, avec un « Index des reprises bibliques », p. 281-288 ;

Id.,« Tragédie et liturgie chez Racine. D’Iphigénie à Athalie », Il Tragico e il sacro, Ceccheti et Dalla Valle éd., Firenze, Olschki, 2001, p. 239-250.

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— sur l’appartenance contestée des deux pièces au genre tragique,

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on devra toujours en revenir à la Poétique d’Aristote (par exemple dans l’éd. M. Magnien, Livre de Poche, 1990) et on fera le point sur le genre tragique au 17e siècle en choisissant un ouvrage de format réduit, comme ceux de :

 

D. Bertrand, Lire le théâtre classique, Dunod, 1999.

Ch. Delmas, La tragédie de l‘âge classique, Seuil, 1994.

G. Forestier, Passions tragiques et règles classiques. Essai sur la tragédie française, PUF 2003 (Colin 2010).

B. Louvat, La Poétique de la tragédie classique, SEDES, 1997.

J. Truchet, La tragédie classique en France, PUF, 1975,

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tous plus ou moins tributaires de l’étude imposante de J. Scherer, La dramaturgie classique en France, Nizet, 1950.

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— sur la poétique particulière de la tragédie sacrée:

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K. Loukovitch, L’Évolution de la tragédie religieuse classique en France, Droz, 1933 (Slatkine Reprints, 1977).

J. Morel, «Des tragédies profanes aux tragédies sacrées dans le théâtre de Racine», French Review, vol. 65, n° 1, octobre 1991, p. 30-35.

J. Mesnard, « Exégèse biblique et création dramaturgique : le cas d’Athalie », Théâtre, Opéra, Ballet, 2, 1996, p. 13-30.

H. Baby, « Crainte et pitié dans ‘Esther’ et ‘Athalie’. La tragédie tirée de l’Écriture Sainte, un drôle de genre » [in] Les Genres littéraires émergents, L’Harmattan, 2005.

Ch. Mazouer, « Les tragédies bibliques sont-elles tragiques ? », Littératures classiques, 16, 1992, p. 125-140.

B. Chédozeau, « Le tragique d’Athalie », R.H.L.F., 1967, p. 494-501.

Vialleton, Jean-Yves, « ‘Prodige incroyable’. La poétique de l’invraisemblable dans ‘Esther’ et ‘Athalie’ », [in] Méthode! N°5, Bandol, Vallongues, 2003.

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— et particulièrement sur les songes et prophéties:

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M. Delcroix, « Le Songe d’Athalie », dans Racine : La Romaine, la Turque et la Juive, (Regards sur Bérénice, Bajazet, Athalie), études réunies par P. Ronzeaud, Aix-en-Provence, éd. de l’Université de Provence, 1986, p. 27-43.

F. Dumora, « Le songe d’Athalie ou le retour du même », Information littéraire, 4, 2003, p. 18-25.

T. Gheeraert, « Voix de Dieu, voix des dieux : oracles, visions et prophéties chez Jean Racine »,  Études Épistémè, n° 12 (automne 2007), p. 83-113.

Id., « Racine prophète sublime », La Licorne, 50, 1999 (« Racine poète »), p. 75-92.

B. Norman, « Les songes et les charmes. Le merveilleux et le spectaculaire dans ‘Esther’ et ‘Athalie’ », [in] L’Age de la représentation. L’art du spectacle au XVIIe siècle, Actes de Kiel , Tubingen, G. Narr, 2007, p. 103-112.

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— sur la tragédie mêlée de musique et de chœurs :

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A. Piéjus, Le Théâtre des demoiselles. Tragédie et musique à Saint-Cyr, Société française de musicologie, 2000, ou, moins ambitieux, l’aperçu qu’en offre son article:

« La tragédie chrétienne : théâtre et musique à Saint-Cyr » dans le numéro 21 de Littératures classiques, 1994 (p. 139-148), qui rassemble sous le titre « Théâtre et musique au 17e s. » (Ch. Mazouer dir.) d’autres études intéressantes sur ce sujet (D.Patier sur les chœurs d’Athalie, p. 163-174, B. Louvat sur le théâtre en musique, mais plus centré sur la comédie, p. 249-264).

L. Naudeix, Dramaturgie de la tragédie en musique (1673-1764), Champion, 2004.

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— sur la langue et la poésie raciniennes :

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G. Spillebout, Le Vocabulaire biblique dans les tragédies sacrées de Racine, Genève, Droz, 1968.

G. Siouffi, « La langue d’Athalie entre imaginaire linguistique et dynamique d’écriture», [in] Styles, genres, auteurs, t. 3: «La Chanson de Roland», Aubigné, Racine, Rousseau, Balzac, Jaccottet, Paris, PUPS, 2003, p. 105-122.

M. Couvreur, « Athalie, une dramaturgie du clair-obscur », Athalie, Bruxelles, Le Cri, 1992, p. 13-32.

L. Spitzer, « L’effet de sourdine dans le style classique : Racine » (1931), Études de style, Gallimard, 1970, p. 208-335.

H. Baby, « Ce que dit le récit. Poésie dramatique et langage biblique dans ‘Esther’ et ‘Athalie’ de Racine », [in] Échos poétiques de la Bible (ed. J. Rieu, B. Bonhomme, H. Baby), Champion, 2012, p.355-371.

Id., « Et le cri de son peuple est monté jusqu’à lui », [in] « Un verso di Racine… » Quaderni di letteratura francese, n°48, 2013, p. 111-130.

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— enfin, quelques analyses thématiques variées:

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S. Guyot,  Racine et le corps tragique, PUF, 2014.

Id., « Entre éblouissement et « véritables grâces ». Racine ou les tensions de l’œil classique » [sur Alexandre et Esther] [in] Littératures classiques, n° 83, 2013/3 : « L’Œil classique », p. 127-142.

A . Grear, « Les enfants dans le théâtre français du dix-septième siècle », Revue d’Histoire du Théâtre, 1991/4, p. 299-304

J. L. Backès, « La vieille dame fragile et l’enfant trop frais », L’Imaginaire des âges de la vie, Univ. de Grenoble, 1996, p. 135-147.

N. Doiron, «Athalie ou le dénouement de la sorcellerie», Coulisses, n°42, Printemps 2011, Racine: Théâtre et émotion, p. 31-41